Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

jeudi 2 mars 2006

consigne d'écriture du jour....

nouvel exercice : intégrer à une courte nouvelle les mots suivants :crescendo - délivrance - chevalet -soliloque - représailles - pourquoi - échange - silhouette - vent debout – sablier et ecrire une chute inattendue... voici ma copie :

Etat d'âme...

Il flotte.
Là, sous ce soleil qui lui chauffe le corps, il se laisse vivre ; il est bien ; il goûte à ce bonheur simple : le repos. Ah, si seulement cela pouvait ôter de sa mémoire toute la tension, la fatigue accumulée… quelle douce délivrance ce serait…allez ! ne plus penser à ça ! profiter du moment présent, voilà l’important. La mer, face à lui, vient régulièrement lécher les galets rendus lisses par tant d’effleurements doux. La musique qui en résulte lui enchante l’ouÏe… quelle douceur… Dieu que ça fait du bien…. Il revit.

Un peintre s’approche, son chevalet d’une main, sa boite à couleurs de l’autre. Sa blouse est toute emplie d’éclaboussures vives de son petit talent.
Il envie cet homme, avec sa blouse tachée, sa barbe naissante, ses yeux bleus délavés qui ne voient déjà plus que cette mer qu’il veut emprisonner sur la toile…
Le voilà qui commence.Il regarde le pinceau courir sur la toile vierge. Ça alors ! aucune hésitation dans le geste, ça glisse tout seul… un peu de bleu outremer, et voilà l’horizon qui se dessine ! un nuage de jaune orangé fait naître un soleil qui se couche, alangui par la douceur de cette soirée.
Il se perd dans la contemplation de cette silhouette sereine, toute à sa concentration, seule, vent debout face à la mer éternelle…
Il est si bien… il en viendrait à souhaiter que le temps s’arrête, là, d’un coup, qu’il fige à tout jamais cet instant de grâce…temps qui s’écoule dans cet immense sablier, sable de vie…

Le bruit de ces minuscules grains de sable viennent s’entrechoquer contre le verre, créant un bruit fort désagréable… ploc, plic, tac, toc… le bruit va crescendo, enfle, roule de plus en plus fort, malmenant son ouïe délicate...

Soudain, une lumière violente le tire de son sommeil. Il se réveille brutalement, pour se sentir saisi par deux mains fermes et résolues !
Non ! mais quelle heure est-il ? ô Dieu, c’est déjà l’heure…
Le voilà allongé, le dos sur une table dure et froide. Il sent courir sur lui de drôles d’instruments, on lui fouille l’âme, rien n’échappe à ces mains énormes et intrusives. On le frotte, l’astique, on lui passe une sorte d’huile sur le corps… bah, c’est malin ! maintenant, il brille, il luit comme un objet de pacotille ! ridicule, il se sent ridiculement… neuf. Enfin, on le repose sur sa couche douce et chaude.

O Apollon, qu’il m’oublie…. qu’il me laisse là, tranquille.. je ne veux plus de ses mains sur moi, il me fatigue… je suis vieux, j’aspire au calme, au luxe, à la volupté (tiens, c’est pas mal, ça… ça mériterait une suite…). Pourquoi moi, d’abord, hein ? qu’est-ce que je lui ai fait, pour mériter pareille torture ? Ah, tu soupires !! on voit bien que c’est pas toi qui subit cet outrage chaque jour !! oui, oh ! je vois bien que je soliloque dans le vide, tu t’en fiches, de ma douleur ! oui, douleur !!
tu vois pas comme il me malmène ? il est fou, je te dis ! il écrase mon chevalet, épuise mon bourdon à force de glisser sur lui ; il vrille mes chevilles, sans aucun ménagement ; j’en ai ma claque de ses doubles harmoniques et de son pizzicato, il va si fort, qu’un jour il va me cramer les cordes !! Mes ouies vibrent tant que mon âme en pâtit, je te le dis !! un jour, j’en perdrai mon vibrato, tu verras !!
Non, je ne suis pas en train d’ourdir une vengeance idiote, il n’est pas question ici de représailles ! que veux-tu que je puisse lui faire, t’as vu sa taille ? t’as vu la mienne ? bah alors….
Allez, Apollon, sois chouette ! toi, le Dieu de la musique, entend mon vœu : échange ma vie contre celle d’un de ces galets, là sur cette plage, d’accord ? hein ? hé ho ? Apollooooooooooooooon......

  • "buongiorno, signore Paganini ? qué ? ah, si, si !! votre violon est prêt".................

Posté par patitouille à 12:40 - Prose poêtique - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

  • c'est fabuleux .....
    j'ai adoré ta prose titouille .....
    je ne m'attendais pasdu tout à ça ....... super .....

    encore .....

    et comme disent les petits ..... " d'autres !!! " ....

    bisous
    bonne soirée
    sandrine

    Posté par sandrine, jeudi 2 mars 2006 à 18:46
  • Hé ben ! Prenant ! Et quelle chute !! Encooooore !

    Posté par Fleur, vendredi 3 mars 2006 à 11:02
  • merci à vous deux

    sandrine? tu peux expliquer en quoi tu es surprise ? zoubisoux !!

    Posté par pati, lundi 6 mars 2006 à 10:51
  • .....

    coucou à toi .......
    après coup je me suis relue et je me suis dit "l'est pô clair ce que tu marques" ......
    alors je comprends ta question !!!!!!!!
    ben tout simplement ...... je ne m'attendais pas à cette fin !!!!!!!
    comme quoi l'effet de surprise a bien marché !!!!!!!


    je te bisouste .....

    Posté par sandrine, lundi 6 mars 2006 à 17:01

Poster un commentaire