Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

mercredi 15 mars 2006

le train

assise sur cette banquette inconfortable, je songe... à moitié réveillée, mon cerveau n'est pas encore apte à faire autre chose que laisser deux trois esquisses d'idées voleter dans mon crâne...

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le train a quelquechose d'hypnotique... est-ce le battement régulier des essieux sur les rails ? le lent balancement accentué par ces banquettes rebondissantes ? ou encore cette promiscuité pesante et etouffante avec les autres ?
en tout cas, il a toujours le même effet sur moi : même si j'ai prévu de lire, d'écrire, faire des mots croisés, bref, passer le temps, eh bien au bout de quelques instants, mes yeux abandonnent mon occupation du moment, et finissent toujours de la même façon : en une errance pleine de torpeur sur l'intérieur du wagon, ou le paysage qui défile à grands traits à la fenêtre...

j'aime ces errances neuronales... un voyage vers nulle part, un repos de l'âme, en quelque sorte... dans ces moments-là, mon cerveau fonctionne de façon proportionnelle au déplacement du train... plus le train roule, plus mes errances sont rapides et m'emmenent loin... et plus il ralentit, plus je reprend pied avec la réalité, comme à chaque fois éveillée d'un songe yeux ouverts, qui me laisse ahurie, la plupart du temps...

ce matin n'a pas échappé à la règle... j'avais pourtant emmené la suite de "2001, odyssée de l'espace", pour patienter entre deux trains, mais je n'ai pas été plus loin que la troisième page...
mes yeux ont lentement fait le tour du wagon, s'arretant parfois sur un visage sortant du lot ( cette femme, avec son bébé dans les bras, encore ensommeillée, qui laisse couler ses cheveux pour amuser l'enfant ), et finissant sa course par delà la fenêtre, sur un paysage embrumé et blanchâtre, la température frisant le zéro, à cette heure matinale...

tn15m1je vois défiler des quais vides, ou si peu habités..., puis des usines, pas encore ouvertes, qui ne crachent pas encore de fumées nauséabondes, ni, comme ce soir, des vagues de gens pressés d'aller s'entasser dans leur voiture, pour rentrer chez eux.... puis, un peu plus loin, ce sont des petits pavillons miteux... si près des voies, pas même le chèvrefeuille n'arrive à s'accrocher longtemps aux murs...
là, par de petites fenêtres, j'entr'aperçois parfois une lumière, voire des gens, occupés à boire un café, vite fait, sur le coin de l'évier... parfois aussi, cette vieille femme voutée, qui fait le tour de son jardin, surement déjà à l'affut du premier signe de printemps... combien de vies à raconter, entre deux gares ? combien de secrets jalousement gardés ? de trahisons avant le soir ? combien de mots d'amour, lancés entre deux portes, et combien d'entre ceux-là encore sincères ?

je suis dans ce train : est-ce moi qui défile devant des tranches de vie, ou bien la vie qui défile devant moi, m'échappant sans cesse, jusqu'au lendemain ?

photos empruntées au site de georges gonon-guillermas

Posté par patitouille à 16:42 - blabla - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • Utilisation de photographies sans autorisation de l'auteur

    J'ai apprécié votre prose. Mais beaucoup moins le fait que vous utilisiez mes photogaphies sans autorisation. Cela peut être passible de poursuites judiciares. Pourquoi ne pas m'avoir demandé l'autorisation. Vous avez su trouver ces photographies et bien aimablement renvoyé à mon site mais vous aviez toutes les coordonnées sur mon site pour me contacter. Il n'est pas trop tard pour le faire, alors...

    Posté par georges gonon-gu, samedi 15 mars 2008 à 11:12
  • mail ré-envoyé...

    Posté par pati, lundi 17 mars 2008 à 08:37
  • C'est joli. Moi aussi, je me perds souvent dans la contemplation du paysage qui défile dans le train.

    Posté par ZEL, mercredi 15 mars 2006 à 20:48

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