Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

lundi 20 mars 2006

Art moderne...

voici venu l'heure de la consigne d'écriture 18... réaction dans l'humour à une simple image...

mannequins

- "Chââârles! venez donc voir ça! c'est tout simplement fa-buleux..."

- "ah Marie-Agnès, mais c'est... ahem... j'en reste sans voix..."

- "mais zenfin, Chârles... mon cher, ne voyez-vous donc pas ?? allons... mais notez! ces grandes lignes droites, symboles de nos idées reçues, regardez cette puissance dans le non-dit..."

- "ah, mais complètement, com-plè-te-ment! tout simplement gé-niaaal..où avais-je les yeux, franchement... ."

- "sur le popotin d'une de ces filles je suppose, comme de coutume, Chârles...vous pouvez être d'un vulgaire, parfois, ça me sidère..."

- "allons, allons, Marie-Agnès, n'exagérons rien, hum hum..... or donc, vous souligniez à l'instant cette force du non-dit, mais... permettez-moi de m'insurger... il me semble, à moi, pourtant, comme le cri qui soulignerait l'effort pour aller de l'avant... comme le flambeau de notre lutte pour le progrès..."

- "et puis, franchement, le choix du blanc, dans ce... cet uniforme, car ç'en est un, évidemment. tout simplement... grand."

- "ah, là, je vous rejoins, très chère, c'est grand, je dirais même, c'est incroyaaable comme c'est grand... le blanc renforce cette impression de lutte entre les deux personnages, non? l'un allant de l'avant, coute que coute, quel qu'en soit l'effort demandé, c'est l'innocence du futur, nullement entaché par quelque tare que ce soit..."

- "absooooooooolument, Chââârles !! quant à l'autre, voyons... mais bien sûr! comment disait ce stupide anglais, déjà... ah oui! élémentaire, mon cher Châââârles, c'est la subliiiiiiiiiiime représentation d'un passé régressiste, qui ne veut que retenir l'avancée inexorable de l'humain, lancé sur la route de son destin et..."

- " ah ah !! oui, ma très chère Marie-Agnes, mais hem ... ne nous égarons pas, n'est-ce pas... je connais votre puissance d'élocution, et votre grande culture artistique, n'est-ce pas, mais ..."

- "mais quoi, mon pôôvre Chârles.... ah oui ..... bien sur.... vous n'êtes qu'un homme, ai-je saisi l'allusion? et vous avez faim, je présume... or donc, allons restaurer votre estomac, Chârles, je suppute que votre cerveau ne fonctionnera plus sans apport neuf de gras et de vin rouge..."

Le couple s'éloigne, continuant ce ballet de piques pas si gentilles, ce faux intéret pour l'art, qui ne leur permet qu'un vague étalage de leurs fausses connaissances....
Paulo et Momo s'approchent à leur tour ; leur pause casse-croute est terminée.

- " Allez, mon Paulo, c'est pas le tout, mais faut finir de ramener ces foutus mannequins chez Marceline, pour qu'elle les habille pour la collec' d'hiver... Ah ouaip!! pis, au passage, tu m'expliqueras comment qu't'as fait pour les coincer comme ça, hein... on va s'marrer, tiens, pour les bouger, maint'nant..."

- "Bah, Momo!!, c'était ça, ou c'était cassage de gueule assuré, hein... me suis dit que si je bloquais le bras gauche contre le meuble là, tu vois ? et l'autre, le bras droit, dans les spots, ben y tomberaient plus, et nous laisseraient bouffer tranquillou, quoi..."

ET Paulo et Momo, chargés de leur double fardeau, s'éloignent à leur tour, ignorant tout de la contribution ex-tra-or-di-naire et fa-bu-leu-se, qu'ils ont involontairement apporté aux futures conversations dinatoires, chez les snobs du coin....

Posté par patitouille à 11:30 - Prose poêtique - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • Excellent ! Epinglés les pseudos-intellos, et en beauté, encore ! Un régal ! J'en reprendrais bien une louche !.... Cela dit, j'ai assisté à certaines visites de musée qui n'ont rien à envier à ton délicieux billet...

    Posté par Tristana, lundi 20 mars 2006 à 20:46
  • merci, tristana

    ça se voit tant que ça que je peux pas les piffer ?

    Posté par pati, mardi 21 mars 2006 à 08:32
  • J'adore.

    Posté par ZEL, mardi 21 mars 2006 à 22:17

Poster un commentaire