Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

jeudi 31 mai 2007

reflexions du soir...

écrit ce soir... sur le marathon :

Je ne blogue pas depuis très longtemps, en regard de quelques autres. Et je m'interroge.
Un peu partout, il est question d'intime. Comment dire l'intime, tout en préservant le sien ?
Et je me rend compte que je n'ai pas du tout ces interrogations en moi.
Alors c'est quoi, qui force ma réflexion, ce soir ? Ces endroits que j'aime et qui ferment, parce que d'un coup dépourvu de cette bulle que l'on souhaite autour de nos mots ? Ces secrets si longtemps enfouis qui surgissent d'un coup à grand coup de peurs, d'introspection et de "est-ce que je n'ai pas tort de tout déballer" ? Ou bien est-ce de voir tant et tant de gens qui écrivent dans l'intime qui se questionnent sur le sens de leur démarche, et que cela ne trouve aucun écho en moi ?

J'ai beau essayé de comprendre, je n'y arrive pas. Je ne comprend pas pourquoi certains tiennent à compartimenter leur écriture, offrant ça et là autant de facettes d'eux-même qu'à la fin on s'y perd. Je ne comprend pas pourquoi on dit des choses si on ne veut pas qu'elles se sachent.

Non, je ne comprend pas. Ou plutôt je ne le conçois pas. Le comprendre, à la rigueur, je pourrais y parvenir. Mais je crois que je bute sur cette idée. Par peur de la faire mienne ? Ou bien parce qu'elle m'interroge sur son absence chez moi ?

Moi qui ai pris la facheuse habitude de ne pas penser comme tout le monde, voilà que ça m'ennuie ?
Non. Ça ne m'ennuie pas. Ça m'interpelle. C'est pas pareil...

A y bien réflechir, ce qui me trouble est que là, je ne maitrise pas. Là, ça ne me ressemble pas. Peut-être alors que mon trouble vient de là. De voir une si incroyable différence, là où je ne pensais pas en trouver une si marquée.

J'ai ouvert un blog privé, il y a quelques temps. Un blog ouvert à une poignée d'initiés. Il y a trois entrées dessus. Sûrement parmi les pires que j'ai jamais pondu. Pourquoi ? Parce que à y bien réflêchir, je ne voyais pas ce qu'elles faisaient là. Il n'y avait rien à cacher, ni à taire à certains, finalement. Rien me m'aurait empéchée de les poser sur mon blog public. Et depuis, il est vide. J'ai beau chercher, rien à mettre dedans que je ne pourrais écrire ici, ou ailleurs. Rien qui ne puisse être lu par tous. A mon sens, du moins.

Quand j'écris, c'est comme quand je parle. Si je sors les mots de mon cerveau, de mon coeur ou de mes tripes, que ce soit oral ou écrit, c'est qu'ils ont besoin de sortir. Et s'ils ont ce besoin, c'est en réaction à quelquechose de précis. Et ce quelque chose a trait à quelqu'un. Qui peut n'être que moi, de toute évidence.
Ou pas.

Les expulser les rend ... moins nocifs. Moins lourds. Pour moi. Mais pour les autres aussi. Peut-être parce que je dis aussi les choses aux gens concernés. Oralement, regard dans regard, corps face à corps.

Serait-ce là la grande différence, alors, entre ceux qui compartimentent et moi ? Un manque de communication réelle ?
Si je prend l'exemple de mon conjoint (parce qu'on retrouve souvent l'interrogation du conjoint qui ne partage pas ce monde du Net avec nous), et que j'aie des choses à lui reprocher, cette possibilité que j'ai de dire ouvertement les choses - et les lui faire lire - viendrait-elle du fait que ces choses-là lui ont été dites, AVANT ? (ou pendant, ou après, notez...) Que les écrire là, sur mon espace internet, que ce soit un blog, un site, un forum, ne soit que la continuité d'une réflexion chez moi, pas un aveu solitaire ?
Et que les mots écrits soient alors source de communication, entre lui et moi ? Comme une base de réflexion ? Comme l'état quasi instantané de mon ressenti ?

Y aurait-il alors chez les autres tellement de place prise par le non-dit ? par l'involontairement caché ?
Si c'est le cas, alors c'est qu'ils souffrent infiniment. Car c'est tellement difficle de garder pour soi des mots qui sont si lourds de sens...

Ici même, pas mal d'entre vous ont été surpris de ce qui est sorti de leur clavier, durant leur marathon. Sont allés au-delà de ce qu'ils se pensaient prêts à dire. Et ont du coup besoin de souffler, de se poser, un peu. Parce que ce qui suit leurs mots, et qu'ils ressentent, ce serait alors un malaise à en avoir trop dit ? Mais par rapport à quoi ? Ou à qui ?

Et on retombe alors dans une autre grande interrogation de blogueurs de l'intime : pour qui (et pourquoi!) écrit-on ? Pour nous ? Pour les autres ? Pour exister (mais aux yeux de qui?), pour être lus ? Mais alors, si l'on veut être lus, il faut bien accepter l'idée de l'être, non ?

Vous voyez, j'en ai du mal, à comprendre tout ça Smile

Mais par contre, une chose est sûre. Même si je ne le comprend-conçois pas, je l'accepte. Parce que les mots, même sortis de nous, sont nôtres. Et qu'il appartient à chacun d'accepter l'autre.
Surtout dans ses différences.

Posté par patitouille à 01:46 - blabla - Commentaires [23] - Permalien [#]

Commentaires

  • J'aime quand tu t'interroges Tu as l'art de poser les questions justes et de mettre toute chose en perspective. A te lire, on se dit (nous les blogueurs de l'intime qu'on est vraiment à côté de nos pompes. Comme tu le dis si bien, de deux choses l'une : soit on accepte de dévoiler une part de son intimité et on illumine (ou assombrit) la toile de son intimité, soit on l'écrit pour soi (et les cahiers à spirales sont très bien pour ça).

    Oui mais, sauf que...

    Une fois de plus, et pour notre plus grand bien, tu appuies là où ça fait mal

    Tant que l'intime ne touche que la personne qui l'écrit, ce qui est écrit n'engage qu'elle-même et les limites sont celles qu'on s'est fixées pour soi. Tant que l'intime touche à un passé révolu (et dépassé) et n'engage personne d'autres que soi-même dans le présent, les limites qu'on se fixe peuvent être reculées à l'infini.

    Car on se fixe toujours une limite, consciemment ou inconsciemment.

    Mais la grande question, c'est effectivement celle de la communication. A partir du moment où la personne avec qui on partage sa vie n'est pas au courant de certaines zones d'ombre (ou de lumière) de son existence (passée ou présente) et qu'on n'est pas prêt, pour toutes sortes de raisons, bonnes ou mauvaises, d'en parler avec lui/elle, ce n'est pas en l'écrivant sur son blog (auquel il/elle a accès ou peut avoir accès un jour) qu'on va améliorer ou approfondir la communication dans le couple. Ou alors ... votre conjoint est une perle rare et vous ne le méritez pas

    Il n'y a pas d'intimité possible sur la toile. Tout ce qu'on dévoile de soi-même (volontairement ou involontairement) est désormais et pour longtemps à la disposition de tous.

    On ne peut pas se dévoiler en gardant ses voiles. Si on veut se mettre à nu, il ne faut pas éteindre la lumière.

    Posté par Ex Nihilo, jeudi 31 mai 2007 à 08:36
  • merci de me comprendre, ex nihilo

    il est bien évident que nulle part il n'y a dans mon intention un quelconque jugement !
    c'est moi qui m'interroge, c'est chez moi que des questions se posent, en regard à certaines déclarations, ici oui là.

    je comprend bien ce que tu dis. et crois alors comprendre où ça m'englue le neurone, cette histoire...
    ça doit avoir trait au couple, en effet. à la vision qu'oin se fait de son couple.

    merci pour ton comm'

    Posté par pati, jeudi 31 mai 2007 à 09:18
  • Je pense en effet que là réside le noeud du problème, Pati. Pour ne pas parler couple... Mettons que je connais quelqu'un, j'en parle, je lui dis, j'écris, il lit... Et puis que c'est fini. Pour une raison ou l'autre. Sûr que je ne peux pas en parler. Parce que ce quelqu'un peut toujours venir lire. Ca pose des limites à l'expression de ce qui pourtant nous tient tellement à coeur. Apparemment, tu n'as pas ce problème, parce que ce que tu dis dans ton blog est la suite logique de ce que tu dis en live. C'est pas le cas de tout le monde, parce que, dans la réalité, il y a des couples que cela briserait. Faut pas grand-chose pour qu'un couple se brise ou du moins, vive un Tsunami prolongé...

    Et puis, je crois qu'on a surtout peur pour soi. Au fin fond du tréfonds, je reste persuadée que nos peurs sont intérieures et personnelles. Parce que c'est tout à fait humain, qui aimerait engendrer une "catastrophe" (réelle et relative ensemble) de laquelle on ne sait pas commennt les protagonistes vont sortir ?

    Posté par Pivoine, jeudi 31 mai 2007 à 11:34
  • Heuuu, parce que. Quoi, c'est trop court ? :p

    Un blog reste un espace public (avec plus ou moins de public), et beaucoup ne sont pas près à assumer toutes les parts d'eux même face à tout public. C'est sans doute pour ça que les "privés" existent, pour partager les parts "sombres" avec uniquement les personnes que l'on choisi. Oui, parce qu'il faut bien admettre qu'en général, ce sont plutôt les choses qui font mal que l'on cache et n'expose qu'en privé. On a beaucoup moins de mal à montrer à tous son bonheur...

    Moi je verrai plus les espaces privés comme des possibilités d'échange avec un groupe restreint, avec qui il est possible de "réfléchir" sur ce qui y est exposé, sans que ça devienne pour autant une information mondiale. Un peu comme si on faisait des mails "groupés", ou un forum privé, intime. Ca évite aussi de refaire la même conversation (msn ou réelle) avec plusieurs personnes, n'avoir a sortir ces choses là qu'une seule fois.

    Mais ce n'est pas là ma (ta?) conception d'un blog, non pas que je n'aies rien à caché, mais parce que je sais que ce que j'y expose sera vu par tous, je choisi donc forcément (consciemment ou non) ce que j'y écris, et j'assume toujours tout ce que je dis. Parce que, tout comme toi, ce qui est écrit là pourrait être dit (ou l'a été, ou le sera) en face à face (pour autant que ça s'adresse à quelqu'un). Et que, même si parfois ce n'est pas la meilleure facette de moi, ça fait toujours partie intégrante de moi, et que je n'ai aucune raison de renier ou cacher ce que je suis. Du moins, ce qui est caché le sera tout autant en face, tout autant en réel.

    Ca fait pas avancer le schmilblick, mais j'avais des fourmis dans les doigts :p

    Posté par Cricri, jeudi 31 mai 2007 à 11:57
  • pivoine > mais c'est bien ça qui me pose question, pivoine pourquoi moi, j'ai pas cette trouille alors ? pourquoi moi, je me fiche de parler de mon ex, ici, alors qu'il est bel et bien vivant, qu'il est le père de Matts qui vient souvent me lire, bref, là mes mots impactent bel et bien le présent (pour faire référence à ce que disait ex nihilo, hein) ? alors pourquoi ça me pose pas 'des limites à l'expression de ce qui pourtant nous tient tellement à coeur' comme tu dis ?
    pour toi, ce serait dû au fait de la communication, donc. oui, je le pense aussi, tu vois. à y bien réfléchir, c'est ce que je crois. Et peut-être aussi parce que les choses sont claires en moi, aussi. je n'ai pas de choses en doute, pour le moment en moi. ça doit jouer aussi je pense.

    par contre tu vois, tu dis : "qui aimerait engendrer une "catastrophe" (réelle et relative ensemble) de laquelle on ne sait pas comment les protagonistes vont sortir ?"
    mais les taire alors ?? ça fait quoi au couple, d'empiler non-dit sur secret, espace d'intime sur "incompréhension probable alors je dis pas "? tu crois pas que ça aussi, ça déclenche des cataclysmes ? ben moi je crois que ceux là sont bien pires, tu vois. enfin, ce n'est que mon avis, hein
    merci ma belle d'avoir pris le temps de me répondre

    Posté par pati, jeudi 31 mai 2007 à 12:14
  • cricri > ))))))))))))

    c'est à peu près la banane que j'affiche, là après t'avoir lu

    merci de me montrer que d'autres que moi pensent comme moi, sur ce sujet en particulier. parce que là vraiment je commençais à douter
    oué ok, j'ai pas douté longtemps )

    ton blog est "presque" à ton image, très fidèle à ce que tu es... bon, en plus bavard en mots qu'autrement, mais c'est juste un détail (qui est en train de changer, en plus :p )

    Posté par pati, jeudi 31 mai 2007 à 12:18
  • Je crois que Cricri a mis le doigt sur ce qui finalement nous conditionne tous dans notre démarche : il faut pouvoir assumer ce qu'on écrit.

    Posté par Ex Nihilo, jeudi 31 mai 2007 à 12:38
  • Ah, mais je suis tout à fait d'accord pour les non-dits Pati, mais entre deux personnes, d'abord, l'une ne trouvera pas nécessairement les mots qu'il faut (ou se demandera : comment trouver les bons mots) et l'autre n'est peut-être pas prêt à entendre. Ex. Je me dis parfois, y a deux bêtises que j'aurais pas dû faire et dire. Mais finalement, si ça a contribué à aider à me sortir (et finalement nous sortir) d'une situation qui allait au clash, eh bien tant mieux... Mais bon, ce n'est qu'a posteriori que je parviens à me dire ça...

    Je disais à peu près tout dans mon mariage, lol, j'ai eu un procès à la hauteur! Et dans le fond, je le savais, parce qu'un an ou deux avant, j'avas exprimé ma peur de ce qui se passerait et ça s'est passé.

    Bon, chacun mature aussi à son rythme (si c'est une question de maturation, peut-être plus une question de mûrissement et de réflexion). C'est comme à l'école, il y a des matières qu'on avale tout de suite et des matières pour lesquelles il faut le double de temps...

    Alors, tu me les livres ces choses secrètes et mystérieuses ???????????????????????

    looooooooooooooooooooooooooooooooooooooool

    Posté par Pivoine, jeudi 31 mai 2007 à 12:40
  • Un moment que je n'ai pas commenté ici mais ta note du jour ton juste dans les questions que je me posais dernièrement. Il m'arrive de raconter un peu mon enfance et adolescence, comment j'ia vécu et ressetni mes relations aux autres, notamment avec mes parents. Cela a décuolé tout suele, d'un besoin de libérer un peu omn esprit de ce qui me semblait m'empêcher de profiter pleinement de mon boheur présent.
    J'assume ce que j'ai écrit. Je le pensais au moment de l'écriture et si un jour j'en erssens le besoin, j'apporterai des modifications dans une nouvelle note. Je ne changerai pas les bouts déjà sortis. Et bien que j'assume (ou que je crois assumer), mes parents ne savent toujours pas que j'ai un blog, je ne veux pas leur dire. Crainte, peur de les blesser en leur révêlant finalement que je ne trouve pas qu'ils aient fait correctement leur travail avec moi ? Envie de les préserver dans els difficultés qu'ils traversent sans en plus leur ajouter le remord du passé ? Crainte de l'image de moi qu'il s auraient ? Je ne sais pas d'où vient cette hésitation.
    Pour revenir au sujet de ta note, il m'arrive de me censure sur certains sujet, tout simplement parce que pour moi le blog est un espace complètement pubilc et libre d'accès et il reste des choses en moi que je n'ai pas envie de montrer à n'importe qui.

    Posté par Fleur, jeudi 31 mai 2007 à 13:05
  • Quelques raisons d'un baroudeur de l'intime

    Tiens tiens... ta réflexion m'interpelle, Pati ;o)

    J'ai été un explorateur de mon intimité, que j'ai peu à peu dévoilée devant des "inconnus" devenus connus. Face à eux (dont toi), je n'aurais aucun problème à poursuivre cette exploration, et même aller beaucoup plus loin que ce à quoi je me livre... si toutefois je le désirais (à force, je me suis "approprié" les parts que je trouvais sombres, et ne ressens plus le besoin d'en parler).

    Mais... comme il est su de notoriété publique (ou presque), j'ai eu il y a quelques années une relation très forte avec une autre écrivante de l'intime, au vu et au su de tous. Bizarrement, cette relation de confidences s'est grippée dans les échanges directs (ce serait trop complexe de rentrer dans des considérations psychologiques ici...) et je n'ai alors trouvé comme façon de communiquer avec cette femme que par blog interposé. C'est à dire qu'elle lisait ce que je pensais... mais sans que ça ne libère la communication entre nous. Il y a eu tout un langage de non-dit et de non-réponses qui s'est développé, un mélange intime/public, qui est devenu extrêmement complexe à gérer. Et qui a finalement aboutit à une catastrophe relationnelle.

    Alors maintenant, et parce que cette femme a la possibilité de me lire, je ne veux plus aller trop loin dans des tas de registres intimes qui font référence à cette histoire.

    De plus, comme le souligne Pivoine, il est éthiquement difficile de parler d'une tierce personne, ou de ce qui m'a lié avec elle. Ce peut devenir un vrai casse-tête si j'ai besoin d'en parler...

    Enfin, j'ai le droit à une vie privée par rapport à elle et ceux qui la connaissent et ne peut donc évoquer librement tous les sujets qui me tiendraient à coeur.

    D'où ce fractionnement de mes espaces d'écriture (mon blog est né de cette situation). Une nécessaire compartimentation, pourtant contraire à la démarche de transparence et d'unité qui était la mienne au départ.


    Comme le dit ex-nihilo, il y a aussi la crainte de regards extérieurs : je n'ai pas forcément envie que des gens que je connais, des clients par exemple, aient accès à ma vie privée et à mes atermoiements sentimentaux.

    De façon plus diffuse et résiduelle il peut aussi exister un désir de "contrôle d'image", qui fait que par rapport à certaines personnes je m'abstiendrai de parler de certaines choses. Mais ça c'est en régression constante : je veux me montrer tel que je suis.

    Posté par Pierre, jeudi 31 mai 2007 à 13:33
  • Toutes tes questions m'interpellent, Pati, je suis tte nouvelle "blogueuse", et je gardes mon blog privé pour l'instant.
    Pourquoi ? En fait, je ne sais pas trop, peur de ne pas avoir le courage tout écrire si je me sais lue par trop de monde, même si ce sont des inconnus.....
    Voilà de quoi faire travaiié mes pôvs neurones déjà si fatigués......

    Posté par Maryvonne, jeudi 31 mai 2007 à 14:21
  • pivoine > quand t'auras eu 20/20 à ton interro de vie :p

    fleur > de toute façon, ce qu'il faut, c'est dire les choses, sans en souffrir. c'est à chacun de savoir ce qu'il doit (ou peut) faire. et je conçois qu'il puisse y avoir un goufre, en les deux.
    mon père ne connait pas mon passé de junky. Je me suis pourtant racontée ici. Il a internet. il tombera peut-être un jour sur cet espace. Je sais pas. je verrai, à ce moment-là.
    mais il est une évidence, c'est que j'avais BESOIN de dire ces choses-là. Et j'assume mes mots. Tous.
    plaisir, de te relire, ici

    Pierre > héhé... aaah ? ça t'interpele ? ah ben ça alors ^^

    plus sérieusement. je connais ta démarche, Pierre. elle est claire, à mes yeux. t'en as bavé, vous en avez bavé, même, on peut dire. alors basta. ça, je comprend.

    pour ce qui est du respect de ta vie privée, je le comprend aussi. (encore que pourquoi l'écrire là, alors ? )) oué ça va, je plaisante )

    mais tu vois, là où je diffère totalement de toi, c'est quand tu dis ceci :
    "et je n'ai alors trouvé comme façon de communiquer avec cette femme que par blog interposé. C'est à dire qu'elle lisait ce que je pensais... mais sans que ça ne libère la communication entre nous. Il y a eu tout un langage de non-dit et de non-réponses qui s'est développé, un mélange intime/public, qui est devenu extrêmement complexe à gérer. Et qui a finalement aboutit à une catastrophe relationnelle."

    votre souci vient de cette non-communication passée, Pierre. Vous n'avez finalement jamais communiqué, tous les deux. vous n'avez fait que monologuer. sans échange serein, sans passerelle entre vos mots. tu comprends ce que je veux dire ? on est donc en plein dans le non dit ! dans l'écrit, oui, mais pas dans le dit !
    or évidemment, dire les choses publiquement aujourd'hui met en déséquilibre votre passé et d'eventuels mots présents. tu vois ?

    et ça : "il est éthiquement difficile de parler d'une tierce personne, ou de ce qui m'a lié avec elle. Ce peut devenir un vrai casse-tête si j'ai besoin d'en parler... "
    alors là, on est en plein dans ce que je vis pas ! dans ce qui m'échappe. je dois manquer d'éthique... ou pas avoir la même que tout le monde )

    merci pour ton avis éclairé, Pierre

    Posté par pati, jeudi 31 mai 2007 à 14:22
  • ex nihilo > exact. j'aurais pas fait plus limpide, comme comm'

    maryvonne > garde les en pleine forme tout de même, hein, tes neurones )
    j'ai la facheuse manie de faire partager à tout le monde mes pourquoi ... )
    merci de ta visite

    Posté par pati, jeudi 31 mai 2007 à 14:25
  • C'est exactement ça. Ce que j'ai dit j'ai besoin de le dire. si mes parents qui utilisent internet tombent dessus un jour, on s'expliquera.
    Contente d'être revenue.

    Posté par Fleur, jeudi 31 mai 2007 à 15:23
  • Sans vouloir trop prendre de place dans tes commentaires, il me semble ce que j'ai vécu n'était pas qu'un problème de mal-communication. Il s'agissait plutôt d'une façon différente de gérer les difficultés relationnelles : l'un avait besoin d'en parler pour que ça s'arrange ENSEMBLE, et l'autre préfèrait ne pas en parler tant que ça n'est pas arrangé INDIVIDUELLEMENT (en soi). Autrement dit, en cas de conflit l'un avait besoin de mots et l'autre de silence.

    Et par écrit ça s'est traduit de la même façon...

    Ceci dit j'ai beaucoup appris sur le sens du silence, et je finis même par en comprendre l'intérêt.

    Mais bon... même un peu à l'écart chez toi je ne me sens pas trop à l'aise de parler de ça. Et pourtant, ça me brûle souvent les doigts. Mais... autocensure ;o)

    Posté par Pierre, jeudi 31 mai 2007 à 15:42
  • Ca veut certainement dire que tes pourquoi et ceux des autres ont bcp de similitudes, tu ne crois pas ?..... Reste à y faire face en tte clarté.......

    Heureusement, je fais subir un entraînement intensif à mes neurones......ça devrait l'faire ...lol !

    Posté par Maryvonne, jeudi 31 mai 2007 à 17:11
  • Quelle banane :)

    Moi je veux bien être d'accord, mais faudrait que je comprennes tes réponses aussi :p

    J'ai une bête question, qui me trotte depuis un moment déjà : est-ce qu'on s'est déjà retrouvé en désaccord ? Y-a-t-il une chose pour laquelle on pense différemment ?

    Posté par Cricri, jeudi 31 mai 2007 à 22:50
  • 20/20, 20/20 ! C'est quoi ça? Maîtresse Pati met des points maintenant????? Je croyais que c'était réservé aux profs :p

    Je savais pas que tu étais une adepte de la recherche du Temps perdu. J'accepterai ton 20/20 quand tu auras lu tout Proust (mdr)

    (tiens, en lisant un comm, à la première ligne, je me suis dit "ça c'est de Pierre" - j'ai vérifié, et bingo ! J'avais touché dans le mille.)

    Il ne nous reste plus qu'une chose: le blog public, le blog restreint et le blog à 1 auteur/lecteur...

    Canalblog va exploser !

    Posté par Pivoine, jeudi 31 mai 2007 à 22:54
  • pourquoi ?

    J'ai bien entendu ton message. Tu dis ce que tu penses et c'est ce qui compte. J'aime les personnes qui sont ainsi. Il n'y a rien d'intime à vouloir exprimer son opinion !

    Posté par nina de zio, vendredi 1 juin 2007 à 11:29
  • Ah ben je comprends mieux maintenant
    Et on a fait le tour de la question entre deux yakitoris finalement.

    Tant que les rapports humains seront biaisés par tout un tas de choses (ce qu'on croit que l'autre attend de nous, ce que l'on veut donner comme image de soi, les codes relationnels, les non-dits, etc.), la crainte d'être lu subsistera. Je te disais tout à l'heure, et l'ai écrit dans ma dernière note d'ailleurs, que le passage de mon blog en privé me permettrait de parler de façon encore plus intime, mais finalement, je parle de façon très ouverte avec mon compagnon, et de même que tu n'as plus rien à écrire dans ton blog privé, je n'ai pas grand chose à écrire sur mon couple. Il y a communication... Et liberté.

    Maintenant la véritable question, à mon sens : pourquoi poster en public si l'on craint tant d'être lu ?

    Posté par Anne, vendredi 1 juin 2007 à 14:51
  • pati...je rejoins complètemet les mots de Ex Nihilo
    Il y a de l'intime que parfois on ne PEUT pas révéler comme ça, sur un blog ouvert au public
    Parce que les mots touchent bien d'autres personnes que soi, et que ces mots prononcés, écrits et lus seront meurtriers.NI PLUS NI MOINS
    C'est pas respect que l'on se tait alors, même si c'est lourd...
    Se taire devient alors le vrai courage...
    Difficile à comprendre, sans doute, mais je me comprends, cela suffit...(je suis désolée...)

    Posté par Coumarine, dimanche 3 juin 2007 à 23:57
  • je reviens parce que cela me chipote
    Je me demande s'il n'y a pas une grande différence entre parler de son intime, se mettre soi en cause...
    et faire des confidences qui, même si on y est impliqué, ne vous appartiennent plus comme telles...

    Posté par Coumarine, lundi 4 juin 2007 à 00:11
  • il est bien évident, coum', que je parle là de MON intime. et des ressentis liés à lui.

    une confidence, qu'elle soit donnée ou reçue, est forcement associée à une idée de retenue de diffusion. ce qui explique pourquoi j'en fais rarement

    sinon, ça s'appellerait une information

    Posté par pati, lundi 4 juin 2007 à 08:41

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