Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

jeudi 12 février 2009

Parlons d'autre chose...

Il y avait une paire de sandales abandonnées sur la plage, ce matin. À moitié couvertes de sable, elle étaient là, échouées et seules, comme un rappel d'humanité sur fond d'océan puissant et sauvage. Présence incongrue... Je ne sais trop pourquoi je pensai à la Fanette... pourquoi ces sandales fushia me la rappelaient.

Qu'ils ont nagé si loin
Qu'ils ont nagé si bien
Qu'on ne les revit pas...

Avait-elle nagé aussi bien qu'elle ? Que toi ?
Je savais que j'allais les ramasser. Impossible de les laisser là, témoins saugrenus d'une absence trop criante...
Mais parlons d'autre chose...

Les tenant d'un doigt distrait, je suis rentrée lentement. Sans toi.
Je me suis assise sur le porche de la maison, face à l'océan, les sandales se balançant à mon doigt. La balançoire est cassée. elle penche vers le sol comme une branche brisée. Depuis quand ? je ne sais plus, quelle importance.
Le passé me revient, comme un grain de sable dans l'oeil, il m'irrite et fait rouler sur ma joue une perle salée.
La vie était si douce... J'aimais marcher avec toi, l'un dans la lumière de l'autre, nos pas cheminant de concert sur le sable mouillé. Mais seuls les miens laissent une empreinte, désormais. Je continue seule le chemin de nos vies.

L'as-tu trouvée, la Fanette, quand tu es parti au loin ? A-t-elle accompagné ton errance ? Tu es parti sans un mot, sans un regard pour hier. Et moi j'oublie mes demains, à trop chercher le pourquoi...
Est-ce de leur faute, à tous ces frustrés, ces jaloux de l'amour ? Ceux qui ne voyaient que le contraste de tes mains sur ma peau, au lieu de voir comme la couleur de l'un illuminait celle de l'autre ? Est-ce de ma faute, moi qui n'ai pas su réconforter tes peurs, les effacer d'un baiser confiant ?
Ou est-ce celle du vent, qui souffle la chanson de Fanette, que tu as tant et tant murmurée ?
Mais parlons d'autre chose...

Je ne reviendrai pas, sur cette plage déserte sous juillet... je laisse sous la balançoire les sandales perdues.
Comme une ultime trace de mes pas près des tiens...

Pour Kaléïdoplumes...

Posté par patitouille à 16:35 - Prose poêtique - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Toujours un plaisir de te lire Pati

    Me demande si je ne vais pas tenter Kaleïdoplume, tu me donnes envie de me remettre à "texter" un peu

    Posté par Fleur, jeudi 12 février 2009 à 17:07
  • tu y serais la bienvenue, fleur
    c'était un plaisir de te lire, je me souviens...

    Posté par pati, jeudi 12 février 2009 à 17:45
  • J'ai lu et j'ai laissé un petit frisson parcourir tes lignes autant que mon dos!

    Posté par TJ, jeudi 12 février 2009 à 22:34
  • merci toi
    ton texte était pas mal non plus, question frissons

    Posté par pati, jeudi 12 février 2009 à 22:40

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