Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

lundi 16 février 2009

les amitiés virréelles...

ça commence par des mots.
on les jette, comme ça, sur un espace virtuel.
bien réels, ils livrent une partie de soi. de ce qui anime, fait vibrer, interroge, marque, décrit, rebute... ils sont une partie de nous, qui nous définit. partiellement mais qui nous définit.
sont-ils encore à nous, ces mots, une fois offerts au regard d'un autre ?
une fois qu'ils ont pris la couleur d'un autre regard que le sien ?
je ne sais pas. peu importe au final.
ils ont été nous, l'instant de leur naissance. un "nous" fragmenté, un "nous" réduit, à facette unique.

et puis, on reçoit d'autres mots. ceux de l'autre. regard croisé sur une chose posée qui a vieilli. ou pas.
surprise. découverte. croisement de regard. intérêt.

oui de l'intérêt. pour celui qui ose répondre, laisse là sa marque, infime trace éphémère d'un passage.
des mots qui parfois remuent plus que ceux qui en sont à l'origine.
questionnements. réflexion. dans les deux sens du terme.
on voit cette tranche de notre vie se refléter dans la vie d'un autre. étrange.

alors on suit le lien. on va lire. découvrir. s'étonner. aimer. reconnaitre d'autres mots, d'autres maux...
on commente. on laisse sa petite trace, à notre tour.

et puis sans trop savoir comment, ce n'est plus virtuel du tout. un lien est né. s'est tissé au-dessus du vide cybernétique.
il est parfois fort, ce lien. plus fort que ce qu'on pourrait bien penser.
on s'appuie dessus. sorte de fil d'ariane, il a parfois usage de guide, de fil de survie.

et puis le mot ne suffit pas. on a envie de poser du concret, du réel, dessus.
rencontre.

c'est là que ça devient étonnant. étrange. et si naturel, somme toute.
car si on pose pour la première fois une image sur le mot, on n'a pourtant pas un inconnu, face à soi. les mots ont livré leur message, ont apporté leur touche de savoir.
si on ne connait pas cet autre dans sa globalité, on en connait pourtant une chose qui d'habitude met du temps à s'offrir...
son intime.

alors se produit cette drôle d'alchimie.
d'ordinaire, une première rencontre n'est pas forcément simple à aborder. il faut "faire les présentations". livrer de soi une image attrayante, se mettre un peu en valeur, tout en tâchant de rester vrai... équilibre précaire.
là, rien de tout ça.
on se regarde, on "recale" le regard, on colle une image inconnue à des mots qu'on sait par coeur.
finalement au bout de quelques minutes, on poursuit tout simplement la discusiion entamée virtuellement.
on craignait quoi? que l'image soit trop étrangère ? que les mots ne cadrent pas avec la découverte physique de leur auteur ? il y a tant à craindre... et si peu finalement.

et puis le temps passe.
et on regarde des photos, prises lors de rencontres de ce genre. on regarde, on se souvient.
et d'un coup on se dit qu'entre le virtuel et le réel, il n'y a que le gouffre qu'on veut bien y mettre...

vous, les belles que je regarde sur papier glacé, vous avez été des mots sans visage. et vous êtes devenues des parties de ma vie. juste comme ça. par accident. par hasard.
vous avez, comme moi suivi le fil des mots, et ça débouche sur un lien qui n'a plus rien de virtuel.
la question qui serait amusante à poser serait de savoir si vous l'avez jamais été... ;)

j'ai entamé cette note après avoir regardé les photos d'une journée de rencontre entre poseurs de mots...
je regarde les visages, les échanges de regards, les poses figées sur papier, où vous êtes lancés dans une discussion qui s'entend, et ne se lit pas.
je regarde et j'aime bien ce que je vois.
je me dis que je comprends pourquoi vous êtes la trame de mon roman.
parce que vous en êtes le sel. l'épice qui rend la vie plus savoureuse.

alors si je n'écris pas toujours, ici ou dans vos boites mail., si je ne décroche pas le téléphone pour prendre de vos nouvelles... c'est juste parce que je suis fainéante. pas par oubli.

vous, mes amitiés ex-virtuelles, vous êtes belles.

Posté par patitouille à 09:34 - blabla - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

    sourire..
    ce n'est pas de la fainéantise je crois,
    mais parce qu'il n'y en a pas la nécessité!

    tu es là je suis là elles sont là... voilà.
    (vois, là,
    au fond de ton coeur...)

    Posté par payse, mardi 17 février 2009 à 08:35
  • un blog très riche et plaisant à visiter ! je reviendrai !
    )

    Posté par la lanterne roug, mardi 17 février 2009 à 10:41
  • Mais pourquoi "elles" ??? ... snif ...

    Toute façon, je comprends rien à ce concept. J'oserai jamais, bien trop timide, on est mieux derrière son clavier :p

    Idem (pour changer

    Posté par Cricri, mardi 17 février 2009 à 23:41
  • Bonjour Pati!
    Contente de te retrouver et de te lire encore.
    Houda la marocaine

    Posté par Houda, mercredi 18 février 2009 à 10:49
  • Tu décris très bien ces liens qui se transforment en une sorte d'évidence...

    Posté par Pierre, vendredi 20 février 2009 à 22:51

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