Les Mots de Pati

espace privé d'écriture, histoire simple d'une famille simple, billets d'humeurs, moi, quoi.

dimanche 26 septembre 2010

Impressions sur le vif

Texte écrit dans la nuit du 25 au 26 septembre, entre deux phases d'écriture à 4 mains.

Ce soir, j'écris. Je suis heureuse, impression de faire ce qui me comble le plus, ce qui me fait me sentir entière, et vivante. Ce soir j'écris, mais deux autres mains se joignent aux miennes, pour construire à deux une histoire. Elle va naître au fur et à mesure que nos doigts courront sur le clavier. Aucune idée d'où elle nous entraînera, peu importe. C'est si bon d'écrire ensemble.

Jusqu'à présent, on a écrit non pas ensemble, mais en même temps. Ça peut sembler minime, la différence, pourtant elle est énorme. Car pour la première fois, nos plumes vont non pas se comparer mais se fondre, pour n'en faire plus qu'une. J'ai envie que ça fonctionne. Je sais que ça va fonctionner, c'est comme une évidence. Et j'ai hâte de prendre sa suite, et de découvrir ses mots. C'est un drôle de défi, tout de même. Mais c'est une drôle de rencontre, elle et moi, alors quoi de plus normal que tout se passe de façon inhabituelle ?

Je suis depuis toujours convaincue qu'on ne rencontre pas les gens par hasard, qu'on a des choses à vivre, à construire, à expérimenter, à apprendre d'eux, et avec eux. Et inversement. Je sens aussi, au plus profond de mes tripes que ces gens, ces rencontres forment un groupe navigant dans la même bulle que moi, depuis toujours. Ou du moins, jusqu'à ce que ce qui devait être vécu ensemble le soit.
Ça peut paraître bizarre, étonnant, farfelu, je peux passer pour une écervelée, une illuminée, je m'en fous. Ce sentiment, cette croyance d'une entité de groupe me semble être ce qui me convient le mieux, pour avancer sur mon chemin de vie. Et je ne m'étonne de rien, je prends chaque rencontre comme une chance énorme de m'enrichir, de m'abreuver à une autre source, et j'aime ce que ça m'apporte.
Du coup, je prends l'autre non pas comme une personne extérieure, un étranger, mais comme une partie de moi que je ne connais pas encore, et que cet autre va me faire découvrir.

Ma rencontre avec elle est bien plus encore que ça. Dès que j'ai découvert sa plume, j'ai su que ça ne s'arrêterait pas à un simple contact virtuel. Je ne veux pas dire par là que je savais que je la verrais, mais que le lien que je sentais naître irait au-delà de nos écrans, au delà de l'échange lambda de deux personnes qui partagent une même passion.

Mais ce que je ne percevais pas encore, c'était l'incroyable élan que l'une donne à l'autre. Je le perçois, ce soir.
Au fur et à mesure que naît ce texte à 4 mains, je me rends compte que c'est très exactement vers ça que j'avais envie, besoin d'aller. Nos plumes se motivent l'une l'autre. Nos mots en amènent d'autres de façon instinctives, je vois bien que nous fonctionnons de la même façon, que les délires de l'une ne font que renforcer, enrichir ceux de l'autre. Il y a une émulation incroyable, une force vive qui pulse, je la sens, elle me tient éveillée, elle m'amuse, me divertit et m'enrichit en même temps. La preuve, s'il en est besoin : en même temps que se déroule ce texte à deux voix, j'écris ici, pendant qu'elle façonne sa partie, et je sais qu'elle fait de même, de son côté.

Ça devient comme une drogue. J'ai paumé une dépendance pour en retrouver une autre, mais celle-là, je n'ai aucune envie de m'en défaire, bien au contraire, j'ai envie qu'elle grandisse encore. C'est tellement reposant, de faire ce qu'on doit faire, ce qu'on sait faire, ce qu'on aime faire et ce en quoi on a du talent. Oui, j'ose le dire, à nous deux, on possède un vrai talent. Ça pourrait partir en vrille, et pourtant, ça se construit plutôt bien, c'est incroyable.
Quand au plaisir que ça procure... énorme.

*******************

Voilà 5 heures que nous écrivons. 5 heures, sans perdre le fil, sans perdre les mots. Seule la fatigue d'une longue journée va nous empêcher de continuer. Je n'ai jamais écrit ainsi. Jamais.

Je n'ai jamais ressenti autant d'envie, et d'inspiration. Même ma plume me semble avoir évolué. Je n'ai pas écrit ce soir comme je le fais habituellement. Le style est plus inspiré, plus poétique tout en restant ancré dans la réalité du dialogue. Car c'est un dialogue qui s'est naturellement installé entre nous. Je m'en doutais, il faut dire. Nous avons tellement parlé, ensemble, si longtemps, si souvent. Alors quand on écrit, c'est juste la conversation qui continue. Sauf que là, elle se pare de couleurs étincelantes, neuves, je dirais même belles, tout simplement.

L'émulation existe bel et bien, entre nos deux plumes. J'avais un peu peur que nos mots ne se sentent intimidés par le talent de l'autre. Son écriture m'a toujours paru bien plus élaborée que la mienne, plus fluide, elle passe d'un style à l'autre avec facilité, alors que je sais que j'ai plus de facilités dans un style que dans d'autres. Mais j'avais tort d'avoir des craintes. Aucun sentiment de timidité ne m'a étreint, bien au contraire, je sens que nous nous complétons bien, que nous sommes capables de mener une histoire sur le long terme.

Ça me rend heureuse. Et impatiente.

Lire ses impressions ici

Posté par patitouille à 19:05 - blabla - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Le bonheur revient.
    C'est sûr.
    Plein de courage pour vous.

    Posté par in the spleen, dimanche 26 septembre 2010 à 20:31
  • Ah! Comme je vous envie !!!

    C'est une belle expérience, je trouve. Et ça fait plaisir à lire, aussi.

    Posté par Pivoine, mercredi 29 septembre 2010 à 13:12

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