vendredi 2 mai 2008
un livre à plein de mains ?
bien. j'ai pris ma décision. j'ai opté pour une des deux idées de bouquins que j'avais en tête. Ce sera donc un roman, une fiction totale. évidemment, elle sera alimentée par quelques bases qui viendront de mon réel (faut bien que les fondations soient solides, avant de s'élancer vers les hauteurs...)
j'ai commencé une volée de notes de travail (mon dieu, rien que le mot m'ennuie...), des descriptions notamment, plus quelques idées d'évènements qui pourraient se produire.
mon histoire aura 4 personnages principaux, plus une bonne volée de personnages secondaires (dont certains auront une véritable importance dans le récit). et puis, un cinquième personnage, peut-être le plus important... une maison.
mais, en jetant les bases de cette histoire en devenir, j'ai eu une idée.
après tout, le blog (enfin le mien en tout cas!) est un univers qui importe beaucoup à mes yeux. mes lecteurs aussi, donc.
et je me suis demandée dans quelle mesure ça vous amuserait de participer à mon projet d'écriture :) z'êtes intéressés ? vous voulez en savoir plus ? alors voici une idée des thèmes sur lesquels vous pourriez me filer un bon coup de main !
tout d'abord, mes quatre personnages principaux n'ont pour l'instant pas de noms. j'ai bien quelques idées mais... un peu d'imaginaire étranger me serait bien utile !
de même, je connais leurs traits de caractère principaux, leurs défauts aussi, pour certains. je vois même à peu près ce qu'il va leur arriver (oui, c'est mieux, hein, pour se lancer à raconter leurs vies...). je sais que ce roman sera une tranche de vie. avec ses hauts et ses bas. avec ses joies et ses drames. j'ai autant envie d'écrire dans le burlesque que dans l'intime le plus profond. comme dans la vie, hein...
alors, si je sais dans les grandes lignes ce qui arrivera à mes 4 personnages, vous pourriez par contre avoir envie de leur faire vivre des épisodes que vous aimez retrouver dans ce que vous lisez. ou au contraire, que vous n'avez jamais lu. bref lachez-vous, imaginez le meilleur comme le pire !
envoyez-moi par mail ou en comm' vos idées. j'en retiendrai certaines, pour les inclure dans mon roman, promis !
de mon coté, si j'ai décidé de ne pas dévoiler cette idée de roman (eh oui, elle restera mienne jusqu'au mot fin, si ça vous dérange pas - si ça vous dérange aussi d'ailleurs) par contre, je m'engage à vous tenir informés régulièrement de mes avancées. oui, promis, rho !
et si vous êtes sages, z'aurez p'tet même un ou deux extraits :))
enfin... quand j'en aurai suffisamment écrit pour en sortir un ou deux extraits, forcément ;))
mardi 22 avril 2008
Vers l'inconnu
Est-ce que je vais oser ? Est-ce que je vais être capable de franchir ce cap ?
Écrire. J'aime ça. Je sais faire. J'ai toujours su, je crois bien. C'est devenu au fil du temps un vrai besoin. Mon élan de vie.
J'ai commencé par écrire mon questionnement sur moi. Une analyse par les mots. Couchés sur papier avant la dissection orale.
Et puis j'ai écrit ma saga familiale. Autant pour répondre aux besoins et désidératas de mon fils que pour mener à terme un des souhaits les plus chers de ma mère. Le seul qu'elle ne put achever.
Pour ce faire j'ai utilisé et donc découvert le monde des blogs. et c'est par leur biais que j'ai rencontré des gens.
Ceux que j'ai rencontré ont imprimé un tournant à ma route. Ils l'ont modifiée. Dans la plupart des cas en la rendant plus belle. J'ai par exemple appris que oui, j'étais capable de m'entendre plutôt bien avec des nanas de mon âge (ou presque) et ce fut une drôle de découverte inattendue pour moi, crois-le, lecteur ! J'ai vécu de si belles choses grâce à ces super nanas :)))
Et puis d'autres m'ont offert ce dont je n'osais rêver. Une autre écriture. Partagée. Offerte à la lecture et au commentaire. La fiction. Qu'elle soit auto-biographique ou pas, la fiction a creusé un canyon dans mon paysage de possible. Un monde nouveau et fascinant. J'ai découvert que j'étais capable d'émouvoir aussi en racontant autre chose que ma vie.
Les ateliers d'écriture. En ligne ou dans la magnifique réalité d'un monastère calme et serein. Les consignes. Avec leurs règles strictes.
J'ai appris à canaliser le flot de mes mots. À le travailler un minimum, à l'accepter dans une phase finale relativement satisfaisante pour mon propre regard critique. J'ai appris à faire court. Concis.
J'ai appris l'art de la nouvelle. Plus de mots, on s'aventure à lézarder, à muser au travers de l'imaginaire. On s'étale un peu plus, c'est très plaisant.
Alors vais-je oser nettement plus long ? (vais-je avant tout en être capable ?)
J'ai deux projets.
Non. Deux idées qui pourraient devenir des projets.
Non. Qui pourraient devenir des
livres. Voilà, c'est dit.
Me reste à choisir.
et oser, bien sûr...
samedi 19 avril 2008
L'invitée des parisiens
image d'AlainX
Chaque matin, c'est la même histoire. Je sors
alors que l'aube n'est encore qu'un concept. À l'heure où la nuit n'a
pas encore dit son dernier mot et où le jour dort encore. J'aime
marcher dans cette demi-obscurité. Les autres dorment, s'accrochent à
ces derniers moments de sommeil avant que leur réveil ne leur somme de
se mettre au travail.
À cet instant, le temps est à moi. Il m'appartient.
J'ai
l'impression de grignoter quelques instants à la vie. Vivre. Plus.
Encore plus. Vivre pendant que le monde dort. La nature m'appartient,
j'en suis le maître temporaire.
Aucun intérêt, me direz-vous.
C'est exact. Mais c'est réconfortant, cette idée, non ? Avoir pour
quelques minutes la sensation d'être réellement en vie. En osmose avec
ce qui constitue notre décor quotidien. Se fondre dans le gris, dans ce
clair-obscur qui colore ce moment-là. Un clair-obscur rien qu'à moi. Où
pour une fois, il est normal de n'y voir que du gris.
Dyschromatopsie complète. Une drôle de maladie. Je ne vois pas les couleurs. Jamais. Je ne vois que du gris.
Je
ne saurai jamais ce qu'on ressent, face à un coucher de soleil qui
enflamme le ciel, face à la vue aérienne d'un atoll paradisiaque.
Frustrant. Énervant. C'est pourquoi j'aime ces balades entre chien et
loup. La couleur dort encore à ces heures-là, et j'aime ça.
Pourtant,
depuis quelques jours, quelque chose d'étrange se passe. Ma promenade
est la même, chaque jour. Je prend les mêmes ruelles de ce vieux
village, toujours les mêmes, dans le même ordre. Je passe devant les
mêmes champs, les mêmes maisons. Parfois, une lumière vient trouer
cette lancinante solitude, mais c'est rare. Depuis deux, trois jours,
je m'arrête devant la vieille ferme retapée.
Les murs sont
particulièrement beaux. ils me racontent une histoire. L'histoire de
toute une vie, une histoire de vieilles pierres qui en ont vu, et
entendu... Vers le haut de ce mur, une fenêtre. Une simple fenêtre. Pas
de voilage pour l'habiller. Une fenêtre nue, ouverte sur la vie. Un
pont entre le dedans et le dehors. Avec un vase devant. Et des fleurs
dans le vase. Un bouquet simple. Des fleurs des champs.
Une fenêtre rouge.
C'est ça qui est fou, je vois qu'elle est rouge (enfin, je sais que c'est du rouge parce que j'ai demandé au facteur. "Dites, ils ont pas repeint leurs fenêtres, les parisiens ? Ah voilà, en rouge... je me disais bien....").
Par contre, ce que je ne sais pas c'est pourquoi je la vois, cette
fenêtre rouge. Pourquoi cette île de couleur dans ma mer grisâtre,
cette unique tâche de couleur. Rouge. Comme le sang qui irrigue mon
âme, mon corps, ma vie. Rouge comme la vie.
Pourquoi cette fenêtre-là ?
C'est
pour ça que ce matin, j'attends devant la fenêtre. Une lumière va
forcément s'allumer. Quelqu'un va forcément se réveiller, se lever.
Avec un peu de chance, peut-être même que cette personne pourra me dire
pourquoi je vois ce rouge.
Ils ont reçu de la visite, les parisiens.
C'est depuis, que je vois le rouge. Une femme, il parait. C'est surement pour elle, les fleurs. Et si...
La lumière s'est
allumée. Une chaude lumière. Pas grise, pas froide. Une silhouette. De
longs cheveux. Noirs. Une main blanche, si blanche. Elle ouvre la
fenêtre. Les cheveux encadrent un visage superbe. Une bouche sourit au
jour qui se lève.
Une bouche rouge. Si rouge !
Deux yeux noirs se sont posés sur moi. Me détaillent.
La bouche me sourit. S'ouvre.
"Bonjour, vous."
Je me lève lentement. Je crois que je souris aussi.
Ça va être une belle journée.
Pour Kaléidoplumes
lundi 14 avril 2008
respiration, oui...
La douleur, je connais.
Enfin, d'habitude. Parce que là, j'ai été un poil prise de court.
On se dit qu'on sait résister, qu'on n'est pas douillette, qu'on a l'habitude de la gérer...
Sauf que parfois, ça dérape, ça enfle au point de te submerger, d'ailleurs ça te submerge, ça te noie, ça t'enfouit sous des tonnes de surprise —ah oui, c'est donc possible, tant de douleur d'un coup sans qu'on en meure ? ah ouais quand même....—, ça te coupe le souffle.
Le souffle.
Incroyable comme on fait un nombre important de choses sans même y penser. À l'instinct. Comme respirer par exemple. Ou bailler, éternuer, avoir le hoquet... Incroyable comme tes poumons se gonflent sans que tu le veuilles, sans y songer... et surtout sans le maitriser.
Jusqu'à ce que tu tombes malade. Jusqu'à ce que la moindre respiration soit un coup de poignard d'une violence dont tu n'avais pas la moindre idée. Jusqu'à ce que tu te rendes compte que tu ne peux même pas pleurer, pour soulager ton mal, car pleurer fait mal. Jusqu'à ce que tu te rendes comptes à quel point tu t'appuies sur le souffle pour calmer la douleur qui te secoue en tout sens et que là, c'est justement respirer qui te fait mal.
Alors, tu es totalement démunie face au mal, toutes les armes qui te sont habituelles pour le vaincre deviennent tes ennemies les plus farouches, tu sombres. Et puis tu lâches prise. Tu te sens tellement fatiguée... à quoi bon ? Tu ne manges plus car manger est un effort tel qu'il t'essouffle à la première bouchée. Le moindre geste te coûte tellement que tu les économises au maximum. Tu ne peux plus te coucher pourtant tu rêves de t'allonger et de dormir jusqu'à la fin des temps.
Et puis une nouvelle vague de douleur te sort de cette torpeur insidieuse, tu découvres qu'elle est capable d'aller plus loin encore, et finalement tu découvres que oui, tu sais encore le supporter, même si ça te laisse comme deux ronds de flan, cette aptitude à supporter l'insupportable...
Ce sont les pompiers qui m'ont amenée à la clinique. J'étais incapable de bouger d'un centimètre, je pense que j'en serais morte, de cet effort.
À partir de là, j'ai été prise en charge, ma douleur surtout a été prise en compte. Il aura fallu plus d'une semaine pour poser un diagnostic sûr. J'ai donc eu une pleurésie.
Et une balèze, à en croire les infirmières. Elles ne m'ont pas quittée d'une semelle, les deux premières nuits. Elles avaient peur que je ne passe pas ce cap, elles me l'ont avoué par la suite.
Elles m'ont (gentiment) engueulé parce que je ne les appelais pas, me répétaient que je ne devais pas laisser la douleur s'installer, sans se rendre compte que je n'avais pas le temps d'avoir mal, elles géraient très bien tout ça à ma place. Elles m'ont porté sous la douche, pour laisser le flot d'eau chaude me détendre, m'ont massé les épaules, le front, tenu compagnie lors de mes nuits sans sommeil. Elles ont été adorables.
On m'a ponctionné plus d'un tiers de litre de liquide infectieux (et non, c'est pas agréable, une ponction). J'ai trouvé ça énorme ! Un tiers de litre dans un poumon, woaw... Et puis mon pneumologue me calme d'un coup en me disant que ouais c'est bien, m'enfin il en reste au moins deux fois plus dans le poumon, hein...
Et puis je commence à aller mieux. La ponction même si elle est douloureuse, est tout de même un soulagement inestimable. Petit à petit, je commence à pouvoir coucher mon lit (oui jusque là, je dormais assise, voire un peu penchée en avant) quel luxe !
Je resterai en tout deux semaines à la clinique, avant d'être rassurée sur ce qui m'attend. Finalement j'échappe à une seconde ponction, chirurgicale celle-là, car la kiné respiratoire est efficace, je la rend efficace.
Je suis rentrée chez moi hier midi. Mes hommes, secondés efficacement ( et autoritairement ^^ ) par deux amies chères ont briqué ma maison car je dois fuir poussière et autres particules en suspension dans l'air que je respire. Je vais être légèrement immuno-dépressive pendant quelques semaines, le temps que tout le liquide s'assèche (il me reste deux poches de liquide dans le poumon). Dix jours de repos avant de revoir le pneumologue, et peut-être de pouvoir retourner bosser.
J'ai découvert en rentrant tous les messages que vous m'avez fait parvenir, soit ici, soit par mail, par sms ou par courrier (oui, un champ de coquelicots est arrivé à temps à la clinique :)) )
Je vous remercie du fond du coeur pour tous ces messages d'amitié, ils m'ont insufflé, j'en suis sûre, la force qu'il me fallait pour aller mieux.
Je vais pouvoir reprendre ma plume, être passée si près de la mort (encore...) a dopé l'inspiration, et l'envie de coucher des mots sur du papier. J'ai des projets d'écriture, non je n'en dirai rien encore car c'est un peu flou dans mon esprit, mais bientôt....
Merci, donc, pour votre présence, même virtuelle. Merci pour chaque pensée.
Et puis merci à ma payse et ma Nan', pour m'avoir cocooner, dorlottée pour mon retour.
J'vous aime.
Tous.
dimanche 6 avril 2008
Elle respire
Certains d'entre vous le savent, d'autres pas encore, Pati est hospitalisée. Ne vous affolez pas ! L'orage est passé, mais elle avoue volontiers qu'elle a bien cru mourir cette fois.
Pati a une pleurésie, elle a subi une ponction pleurale pour la soulager de son épanchement et d'ici jeudi son pneumologue devrait être en mesure de dire la suite des évènements : retour maison, nouvelle ponction médicale ou ponction chirurgicale.
Payse et moi même avons vu Pati hier après midi. Elle ne peut pas s'allonger, de douleur, et au risque de s'étouffer. Elle est sous oxygène, mais elle parle bien, sans trop s'essouffler, doucement, avec une voix douce et peu éraillée. Et elle rit ;o)
Le pire est derrière elle ! Elle tient à remercier tous ceux qui ont eu une pensée pour elle, elle a été très touchée. Et elle est désolée de n'avoir pu prévenir tout le monde. Elle est joignable sur son portable ;o) Et pour les messages éventuels, je retourne à coup sûr la voir la semaine prochaine, je ferai alors le messager ;)
A bientôt tous,
Anne
mardi 11 mars 2008
Nocturne pour doigts agités...
sur le thème du virtuel, toujours et pour finir, le texte envoyé pour la consigne de la semaine. le texte devait commencer par "derrière l'écran..."
*********
Derrière l'écran, je fume, je bois un café, je lis.
Derrière l'écran, je butine, je collecte.
Derrière l' écran, j'écris aussi. J'ai laissé glissé les mots de mon intime vers le clavier. Ils ont parcouru toute ma vie pour aboutir sur cette toile étrange. Agglutinés à ceux des autres, ils forment une nasse, où viennent se perdre des yeux avides. Avides de quoi, me direz-vous ? Bonne question.
Derrière l'écran, il y a des yeux. Qui déchiffrent, qui évaluent, qui jugent. Qui rient ou qui pleurent. Qui pétillent. Qui s'abreuvent.
Derrière l'écran, il y a des corps qui se penchent, qui se perdent dans la lumière de l'autre. Qui vibrent d'émotion à peine contenue, puisqu'anonyme, puisque cachée.
Derrière l'écran, il y a des mains. Qui frôlent les touches d'un clavier bavard. Qui font défiler les pages de vies qui ne sont pas les nôtres, mais dans lesquelles parfois nous nous retrouvons, tant et tant...
Derrière l'écran, il y a des visages, inconnus, impalpables, réels pourtant. Masqués souvent.
Derrière l'écran, il y a des âmes. Qui offrent, qui prennent, qui vibrent au diapason de mots qu'elles auraient pu dicter. Qui témoignent.
Derrière l'écran, il y a des gens. Une multitude de gens. Tous occupés à la même chose, dans le même temps.
Parfois, lors de mes déambulations nocturnes, j'imagine ces centaines de regards, ces milliers de doigts, qui tous tendent au même but, communiquer. A ces gens derrière l'écran, qui laissent parler leurs failles et confient à la toile leurs troubles, leurs passions, leurs peurs, dans le but d'en toucher d'autres.
Penser à toutes ces têtes studieuses, concentrées, toutes penchées sur leur écran, fenêtre sur un monde sans limites, toutes là, en même temps, à lire peut-être les mêmes choses que moi, en train de sourire à la même chose que moi, ou s'émouvoir des mêmes maux... quel vertige !
Une consigne a éclos, et des centaines de doigts s'agitent, tous tendent au même but, accoucher d'un texte que des dizaines d'yeux liront, tout à cet étrange miracle diffus... celui de l'échange. Tous. Si proches et pourtant si lointains. Si présents et en même temps si éthérés. Paradoxe d'une vie où tout est à réapprendre, à apprivoiser. Où communiquer est aussi simple que complexe.
Parfois, un contact diffus vient éclater sur ma bulle de silence. Deux yeux ont percuté mes mots, mes doigts ont caressé des phrases écrites par une autre âme, rencontre.
L'échange s'installe, riche, soudain, parfois éphémère, quelle importance. Pendant un instant, les mots que j'ai écrit seule derrière ma bulle transparente ont été vus, ont été reçus par deux yeux curieux. Non pas curieux de moi, mais curieux tout court. Ouverts à autre chose qu'eux-même.
Rencontre. L'important n'est pas de savoir si le lien perdurera, non. Il a existé. L'espace d'un instant, toute distance a été abolie. Deux esprits ont partagé.
Derrière l'écran, il y a toi, il y a moi. Et tous les autres.
Derrière l'écran, il y a tous les possibles dont je rêve et tous ceux auxquels je ne pense pas encore. Il y a le pire et le meilleur, les belles âmes et les autres. Les rencontres magiques qui chamboulent mes repères et celles qui s'évaporent à peine réalisées. Il y a ma prose et ta poésie, mes mots et tes images. Mes idées et tes réactions. Mes peines et ta joie. Et parfois, tout se rencontre, se mêle, je me dissous en toi et tu te fonds en moi. Echange.
Derrière l'écran, c'est comme devant. Il y a la vie. Et quand elle offre autant d'imprévu, je l'aime.
Derrière l'écran, c'est comme devant. Je vis.
Pour kaléïdoplumes
lundi 10 mars 2008
du virtuel, encore et toujours...
sur kaléïdoplumes, un thème de discussion : je vous le livre, ainsi que ma réponse .
L’amitié virtuelle.
A-t-elle autant de valeur ? peut elle être plus forte que l’amitié réelle ?
Peut-on
plus se dévoiler dans ce genre d’amitié puisque abrité derrière son
ordinateur ? Est-elle plus profonde ? Ou alors plus superficielle ? Ou
moins authentique ? Intéressantes ces questions non?
Avez-vous
découvert des gens incroyables? Avez-vous été émus par des personnes
rencontrés virtuellement? Avez-vous eu l'impression que vous vous
découvriez à travers des mots utilisés par d'autres? Comme si votre
langage interne était le même?
Qui, quoi, comment. Dites-nous en plus, peut être des anecdotes sur ces rencontres, des amitiés réelles, peut être plus?
********************
c'est fou, quand même ces questionnements qui
reviennent en boucle. ce sont des débats déjà tenus, peut-être
chacune-chacune sur son propre espace, d'ailleurs ![]()
j'ai
découvert la toile par les forums de discussions. enfin, par UN forum,
essentiellement. j'ai débuté sur les chats, comme beaucoup, et en suis
vite partie quand j'ai constaté qu'ils servaient un but de rencontres
coquines, pour la plupart, ce qui ne me correspondait pas.
j'ai donc atterri dans l'univers des forums.
là,
c'est bien simple : on n'y reste QUE si l'on ressent des affinités avec
les autres participants. alors forcément, on y croise assez vite
l'amitié dite virtuelle.
pour ma part, j'ai croisé là des gens que j'ai tous rencontré "en vrai", et assez vite.
le
but était bien de rencontrer des gens, et de ne pas rester dans une
bulle virtuelle. on avait envie de se voir, ce qu'on a fait d'ailleurs,
très régulièrement. notre groupe était européen, et même les plus
éloignés ont tenu à venir aussi, même si moins souvent, évidemment.
de cette période, j'ai gardé deux relations que je ne considère plus comme virtuelle.
une
véritable amie que je considère comme un second moi-même, que j'aime
énormément, et j'ai la chance que ce soit réciproque, ainsi qu'un ami,
plus éloigné géographiquement (un belge... sont partout que
voulez-vous!
),
les liens avec lui sont moins fusionnels, mais restent très forts je
sais par exemple pouvoir compter sur lui, dès que l'ombre d'un besoin
se fait sentir, et réciproquement.
et puis est venu le
temps des blogs. j'ai ouvert un espace à l'aveugle, sans en attendre
quoique ce soit d'autre que ce pour quoi il a été conçu. mon blog était
(est toujours d'ailleurs) mon cahier de brouillon, où je pose mes mots,
afin qu'ils restent inscrits quelque part.
je l'ai ouvert pour moi,
uniquement. et j'ai été fort surprise de voir que ce que j'y écrivais
intéressait d'autres personnes. les comm's sont venus assez vite
enrichir mes mots, d'un regard autre que le mien.
et puis j'ai
découvert qu'il y avait des gens, derrière les commentaires. ça parait
con, comme ça, mais ça a été un cap fondamental, pour moi.
pour
certains ça a été un intéret franc et massif, parce qu'une passion
était en partage, par exemple l'écriture, qui m'a permis de rencontrer
coumarine, ou pivoine, et dieu sait que je ne regrette pas ces
moments-là, oh que non ![]()
j'ai
aussi ressenti parfois de vraies claques émotionnelles, je me suis
reconnue dans ce que je lisais chez d'autres que moi. Cassy
en est un exemple parfait. nous sommes différentes, avec un vécu très
différent, je ne l'ai (pas encore) vue en vrai, mais je sais, je
sens que nous avons beaucoup en partage et qu'un jour ou l'autre la
rencontre aura lieu. de là à appeler ça une amitié,( virtuelle ou non
d'ailleurs ), je ne sais pas, c'est surement exagéré. mais le terrain
est propice, je le sens.
et puis un jour, je sais plus trop
comment (enfin si, je sais, mais c'est une longue histoire, je vais
faire court) j'ai reçu un mail. "on" m'avait lu, et on vivait une
situation identique, "on" me demandait mon avis.
de ce simple mail
est né quelque chose d'incroyable.
une rencontre, une vraie. un de ces
moments de grâce improbable et pourtant réel.
je venais de rencontrer
ma payse. ![]()
mais
par cette rencontre-là, ce sont 2 autres femmes de ma génération dont
j'ai croisé la route. (grande nouveauté pour moi! pour la 1ere fois, je
"comprenais" et j'étais comprise par des femmes de mon âge)
depuis
ce jour, nous nous sommes vues, bien évidemment, et nous nous sommes
reconnues. l'amitié virtuelle du début n'a pas duré longtemps en tant
que virtualité... l'amitié qui nous lie est bien réelle, et est
suffisamment forte pour avoir tissé sa toile d'entraide, d'écoute et de
présence, bien au-delà du net.
d'autres rencontres ont eu lieu,
elles aussi ont été fortes et belles, j'en ai même raconté une, tant était fort le besoin de faire partager ce moment avec ceux
que j'apprécie.
ce qu'on appelle communément une bloguobulle s'est
donc constitué. mais je ne peux plus appeler cela du virtuel, la toile
du net n'étant aujourd'hui que le support de communication que nous
utilisons pour organiser nos rencontres ![]()
je pourrais parler d'elles encore longtemps, tant elles comptent pour moi, et tant je les aime ![]()
mais je vais arrêter là.
je subodore que vous avez déjà compris l'essentiel du message ![]()
mercredi 5 mars 2008
à la façon de ...
Sur l'écran blanc de mes nuits noires
Je valse avec mes souvenirs
Sur l'écran noir de mon désir
Moi, je punaise tout l'espoir
Que je met dans mon avenir
La Garonne emporte mes larmes
Et je noie ma mélancolie
Je veux qu'elle rende les armes
Dans un nuage rouge et parme
Au fond du canal du Midi
Quarante années de doutes, des combats pleins les pieds
J'aspire au repos du guerrier
Je crois l'avoir bien mérité
Mais déjà tu emplis mes songes
Et dans ton amour, je me plonge
Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Le piano joue, me dévergonde
Quand de tes mains fermes et rondes
Tu enrobes d'amour mes hanches
J'ai des envies de bout du monde
Tu es la plus belle des choses
Qui me soit jamais arrivé
Sans toi j'étais un coeur paumé
Ton amour a empli de rose
L'écran de mon éternité
Pour Kaléidoplumes
samedi 1 mars 2008
dans l'azur d'un ciel indifférent.
image de Coumarine
Il n'en a parlé à personne.
Il s'est assis sur le banc, à l'ombre des oliviers centenaires.
Il a rectifié le nœud de sa cravate à pois et a perdu son regard glacier dans l'azur d'un ciel indifférent.
Son
visage n'a laissé nul émoi transparaitre. Juste assis là, à l'ombre des
oliviers séculaires, il a laissé sa vie couler hors de sa mémoire, l'a
étalée devant lui.
Il l'a bue encore et encore, la lie de sa vie. À s'en saouler de désespoir.
Rien
n'est venu percer cette terrible solitude. Même les oiseaux ont stoppé
leur chahut et l'ont sevré de leur musique. Même les oiseaux l'ont
condamné au silence éternel.
Il a croisé ses mains sagement sur ses genoux serrés. Le dos bien droit contre le bois cendré du banc, il a brulé le temps.
Et le temps l'a consumé.
Alors est monté dans le bleu de ses yeux tout le poids de sa peine et de sa déchirure.
Parce
qu'on peut contenir son corps dans un carcan rigide, qu'on peut
statufier son cœur et museler sa bouche mais qu'on ne peut pas
maitriser son regard, c'est tout le poids de son désarroi qui d'un coup
s'échappa de ses yeux. Les pupilles dilatées par l'enfer entrevu, il
s'affaissa lentement sur lui-même, devint une ombre parmi les ombres et
tout fut dit.
Si un jour vous vous aventurez parmi ces oliviers, peut-être
verrez-vous ce banc gris cendre, peut-être aurez-vous l'envie de vous y
reposer un instant, la vue est si belle, de ce banc.
Mais au moment
de vous poser, peut-être sentirez-vous comme une présence, une ombre
parmi les ombres, un souffle bleu glacier qui vous chuchotera d'aller
voir ailleurs si les oiseaux chantent leur chanson. Peut-être même
qu'en repartant, du coin de l'œil, vous croirez apercevoir une
silhouette diffuse en costume bleu et cravate à pois.
Puis vous secouerez la tête et penserez à autre chose...
Pour Paroles Plurielles
vendredi 29 février 2008
Le trésor du bord de Seine
peinture de cyrille jubert
Ce jour-là, j'avais décidé de m'adonner à un de mes passe-temps favori. Il faisait beau, l'air doux et parfumé du mois de mai accompagnait mon errance tranquille le long des bouquinistes du bord de Seine.
J'aime tout particulièrement ces échoppes d'un autre temps, de plus en plus rares et donc de plus en plus précieuses. Symboles du Paris que j'aime, elles m'ont fait découvrir bien des trésors, cachés derrière de vieilles couvertures écornées.
J'aime les vieux livres. J'aime leur odeur de papier poussiéreux si particulière, j'aime surtout le fait qu'ils soient passés de mains en main, et que leur voyage ne s'arrêtera pas de sitôt... Même l'usage du coupe-papier pour découper le haut des pages de certains de ces joyaux devient rituel, et m'envole hors de mon quotidien pour me faire entrer de plain pied dans un rêve écrit pour moi par un autre que je ne connais pas. C'est cette magie de la découverte que j'aime, seul le fait de lire me la procure.
Et ça commence toujours de la même façon : mon œil, au gré d'un survol hasardeux, sera mystérieusement attiré par LE livre que je dois lire. Idiotie ? Superstition ? Possible, je m'en fiche. J'ai toujours pensé qu'un livre est écrit pour tous mais qu'il peut n'être destiné qu'à une personne en particulier. Je pense même que cette destinée reste inconnue de l'auteur, comme un message d'une âme à une autre.
On rencontre parfois les gens qui nous font avancer, eh bien je pense que l'on rencontre de la même façon les livres qui deviendront les fondations de notre personnalité.
Aussi, quand mon œil fut attiré par ce petit livre qui ne payait pas de mine, tous mes sens furent en alerte.
Il était à moitié enseveli sous une pile de romans de gare, aux couvertures pleines de femmes aux visages apeurés, de revolvers fumants et d'hommes en imperméables mastic. On ne distinguait qu'une partie du titre, "Le livre du...", en lettres rouge sur fond taupe.
Je l'extirpai non sans mal de sa cache, réussissant l'exploit de ne rien renverser.
Voilà. Je tenais l'objet entre mes mains. "Le livre du Voyage", c'était le titre entier. Rien d'autre sur la couverture ne renseignait sur le sujet abordé. Je retournai le livre, pour lire la quatrième de couverture : rien. Je cherchai un nom d'auteur, une année de parution, le nom d'une maison d'édition, rien. Juste ce titre en haut à droite, en lettres de feu sur cette grisaille salie par le temps.
Je ne sais pas exactement à quel moment je sus que je devais avoir ce livre. Qu'il était pour moi. Peut-être quand mes mains refusèrent de s'en séparer.
J'ouvris le livre, fis tourner les pages, chopant au vol deux trois mots qui ne révelaient rien du contenu. Une centaine de pages, tout au plus. Ecrit serré, une avalanche de mots qui m'attirait comme un aimant, comme un amant à venir.
Je tendis mon trésor au bouquiniste, eus du mal à lâcher l'objet, le suivis des yeux durant tout le temps de l'achat.
Durant tout le trajet de retour, je tins mon trésor contre moi. Mes mains palpaient, caressaient, s'imprégnaient de la texture du livre. Je me surpris même à le renifler, pour laisser cette délicieuse odeur de vieux livre emplir mes neurones, comme on hume un bon plat avant d'y gouter.
J'attendis d'être chez moi, calée dans ma bergère, face au feu ronronnant d'aise au fond de l'âtre, pour entamer ma lecture, comme on croque pour la première fois dans un fondant au chocolat, le plaisir inondant le corps à mesure que le fondant coule au fond d'une gorge avide...
La première phrase que je lus me cueillit net, et me coupa du monde :
"Ce jour-là, j'avais décidé de m'adonner à un de mes passe-temps favori. Il faisait beau, l'air doux et parfumé du mois de mai accompagnait mon errance tranquille le long des bouquinistes du bord de Seine."
pour kaléidoplumes



























